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Mon premier roman - Le pèlerin de Whitechapel

 
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Shamane
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MessagePosté le: Mer 23 Juil - 14:10 (2008)    Sujet du message: Mon premier roman - Le pèlerin de Whitechapel Répondre en citant

Merci de respecter mes droits d'auteur : copyright 2008 Shamane Médias.


Chapitre premier

Pourquoi?

Je m’appelle Harold et j’ai 69 ans. Pendant plus de quarante ans, j’ai été courtier en assurances générales puis, analyste de risques. La compagnie pour laquelle j’ai voué les plus belles années de ma vie a, tout d’abord commencé de façon très modeste. En effet, au tout début, je n’étais qu’un simple petit vendeur de porte-à-porte qui devait me démarquer parmi dix autres petits vendeurs au même titre. Nous n’avions aucun chef d’équipe : seuls les deux associés fondateurs étaient qualifiés pour nous offrir la formation adéquate. Les temps étaient ci durs que j’ai dû par moi-même apprendre à devenir un des meilleurs vendeurs de l’entreprise pour garder ma place : les cours de commerce, de psychologie du client, les sessions de motivation et tous ces outils aujourd’hui offerts même au simple commis en service à la clientèle, nous ne les connaissions pas à l’époque. Tout se faisait à la façon empirique : on essaie, on se plante avec un, on réussit avec l’autre, on adapte la formule, on prend des notes, on avance; on fait des profits ou on meurt. La vie est comme ça : manger ou être mangé, c’est la loi de la nature qu’on retrouve même dans les fondations de la chaîne alimentaire…

Je dois dire qu’au plan professionnel, je suis assez fier de moi. Et, n’est-ce pas la profession qui fait l’homme?

Moi, un petit garçon des milieux modestes, élevé dans Whitechapel qui était encore à l’époque le quartier mal famé de Londres, j’ai été malmené par les Bobbies, pris au seins de chicanes de prostituées et de proxénètes, pratiquement toute mon enfance. Né d’une fille-mère écossaise qui devait faire des ménages dans les beaux quartiers de la ville pour me nourrir, je n’ai pas eu une enfance facile loin de là. J’ai appris très vite que si je ne sortais pas les poings je ne survivrais pas bien longtemps dans cette jungle qui se donne des faux airs d’aristocrates!

Quoi qu’il en soit, je ne sais pas pourquoi j’écris tout cela; personne ne lira ces balivernes de toute façon…

Je viens de recevoir ce grand cahier avec une image de Michel-Ange sur la couverture : un imprimé de la fresque peinte au plafond de la chapelle Sixtine; celle où l’on y voit Dieu créer l’homme du bout de son doigt. J’ai beau être catholique, je trouve cette image des plus clichées; je me serais attendu à une photographie extérieure de la Basilique Saint-Pierre mais le plafond de la chapelle Sixtine, franchement! On la voit partout cette reprographie! Ce cahier, il vient avec un petit passeport appelé « credencia » qui porte les armoiries du Vatican. Selon l’entente que j’ai signée avant d’entreprendre ce pèlerinage, je devrai le faire estampiller à certains endroits spécifiques lors de mon voyage : j’ai la liste complète des stations dans mon porte-documents mais je n’ai pas envie de tout lire ça maintenant, c’est un peu trop de paperasse pour moi… J’ai tellement eu les mains dans les contrats complexes, les addendas, les demandes de réclamations, les calculs de facteurs de risques toute ma vie que la moindre pile de paperasse un peu trop épaisse me donne aujourd’hui de l’urticaire.

Les hommes ne sont pas capables de résumer. Il y a tellement de requins plus astucieux les uns que les autres, tellement d’occasions alléchantes, que l’être humain se doit de tout détailler, prendre en compte toutes les possibilités, toutes les probabilités. Il ne laisse tellement rien au hasard qu’aujourd’hui, tout prend des heures à imprimer, à lire, à signer. Par exemple, dans mon jeune temps, le contrat de mariage était simple à signer : le marié sur deux copies, la mariée en deux copies puis les deux témoins. Voilà, on était mariés, bénis par le prêtre et on allait en paix. La cérémonie était longue, les rites catholiques sacrés mais pas la loi puisque celle de l’homme était en accord avec celle de Dieu. Tout était si simple et clair : ce que Dieu unit, personne ne peut désunir…

Aujourd’hui la loi de Dieu n’est même plus respectée… L’homme a créer des addendas justement dans le but ultime de déroger à cette simple loi. Donc, dans son soucis de tout compliquer, de se protéger de la femme ou de l’homme qu’il prend pour époux, il met des clauses, des exceptions : un contrat prénuptial est signé, une entente de dissolution de mariage est déjà rédigée au cas où; il ne restera plus qu’à la signer devant un médiateur ou un juge lorsque le couple en aura assez de la vie maritale.

C’est justement ce qui s’est passé avec mon fils. Il s’est marié avec une très bonne avocate : si bonne que la petite bergère défenderesse de la veuve et de l’orphelin qu’elle semblait être s’est très rapidement transformée en hyène assoiffée de sang « Sterling » quand elle en a eu assez de son statut d’épouse. Alors que dans mon temps, n’importe quelle femme ne se serait jamais pardonnée un acte d’adultère, madame l’ex épouse de mon fils en était fort fière devant le juge : se pavanant au bras d’un homme qui faisait deux fois son âge et qui avait fort probablement besoin de ces petits cachets bleus, supposément révolutionnaires, pour la satisfaire au lit. Mon fils, qui n’est qu’un petit comptable, ne s’en est jamais remis financièrement comme émotionnellement. Des vies se détruisent et se refont aujourd’hui à la vitesse de l’éclair et rien de bon n’en sort. La seule chose que mon fils a appris après son divorce c’est que la femme est un poison. Tellement qu’il a choisi de partager sa vie avec un homme. Nous ne nous parlons pas beaucoup parce que les bonnes gens « jasent » dans mon quartier. Moi, je sais que mon fils vit une mauvaise passe; il est en dépression et trouve réconfort en vivant sous le même toit qu’un autre homme, comme deux colocataires tout simplement…

Quoi qu’il en soit, mes voisins et certains de mes anciens collègues se complaisent à y voir bougrerie quand ils ne sont en fait que deux vieux garçons qui s’entendent bien ensemble voilà tout.

Mais bon, je m’égare là. Sur la première page de cet horrible cahier de pèlerin une phrase est écrite :

« Pourquoi ai-je décidé de m’engager à faire ce pèlerinage en Terre Sainte? »

Je devrais donc me concentrer sur cette question primordiale. On m’explique sous cette simple phrase que c’est ce motif, ce crédo, qui pourra m’aider à aller au bout de mon engagement. La raison doit être un but quantifiable et mesurable : « un but valable qui saura me remotiver en temps de grande détresse. »

Présentement, j’ai beau comprendre ce qu’est une raison quantifiable et mesurable, je ne sais pas si la mienne l’est… Ça m’embête un peu mais pas assez pour me faire changer d’idée. Je suis une vraie tête de mule : quand j’ai une idée dans la tête, je ne l’ai pas dans les pieds. Probablement un héritage du tempérament très écossais de ma mère. Une raison quantifiable, cela signifie que je dois être capable de mettre un chiffre à atteindre par moi-même. Une raison mesurable signifie que je dois pouvoir mesurer l’évolution : combien de pas avant la réussite, combien de jours avant l’arrivée et le gain…

Mon but n’a décidément rien de tout ça. Je fais ce pèlerinage pour un miracle : pour ma fille. Elle a trente et un ans et elle est encore serveuse au salaire minimum dans un pub de l’East London. Je ne cesse de lui dire de retourner aux études, de quitter ce job merdique, quitter ce quartier de noirs et d’arabes mais elle ne veut rien comprendre. Elle dit aimer ces gens, aimer son travail, bien qu’alimentaire, qu’elle y est heureuse même sans mari, ni enfants ni gros salaire. Je dois parfois la dépanner de quelques Livres les mois où c’est plus tranquille au pub. Mademoiselle refuse catégoriquement de se trouver un second emploi ou même d’apprendre un métier utile. Secrétaire à 35 heures par semaine, elle gagnerait beaucoup plus mais celle-ci me répond que ça ruinerait totalement tout énergie créatrice. Vous voyez, ma chère fille est une artiste et quelle exaspération!

Elle m’a coûté de grandes études à Oxford et pour quoi? Pour étudier l’histoire de l’art : l’impressionnisme, dont le principal maître d’œuvre était un espèce de psychotique qui s’est charcuté une oreille avant de mourir pauvre comme Job, le cubisme de Picasso et ses périodes bleues, rouges, mauves, jaunes oranges et j’en passe! Et ça, c’est sans compter ses essais et analyses sur le minimalisme où elle a passer des heures à faire de la recherche à la bibliothèque pour un sujet dont il n’y a, admettons le, absolument rien à dire : si c’est minimaliste c’est qu’on a rien de bon à en tirer voyons!

Pendant toutes ces années d’études j’ai dû endurer les nuits blanches, l’odeur de la peinture à l’huile, les solvants à base de térébenthine, les tasses tachées, les traces de charbon sur la table de cuisine, les toiles encore humides posées sur les étagères de son garde-robe. Et je ne parle même pas de sa musique! Ma chère enfant ne peut créer sans musique! Alors, pendant un certain temps notre demeure du Mayfair district était la seule à y émaner des senteurs potentiellement toxiques mélangées aux sonorités les plus bizarres, tirées des « trips » psychédélique des Beatles jusqu’à la vague Métal de Iron Maiden, en passant par le progressif de Genesis – qui progresse vers on ne saurait quoi, entre vous et moi- la mode Punk et New Wave de Billy Idol et Bowie. Et puis, il y avait ces groupes aux rythmes violents et interminables arborant des noms de prédateurs fauniques et d’insectes vénéneux du genre « Panthera » et « Scorpions ».

Ma fille était la seule de tout le quartier à sortir de chez moi les cheveux crêpés ressemblants à un arc-en-ciel, les vêtements tachés de peinture, les bas de nylon déchirés – ces mêmes bas de nylon que seules les prostituées de mon ancien quartier oseraient porter – l’énorme porte-toiles accroché au dos, le baladeur sur les oreilles et les bottes d’armées aux pieds.

Ses petits amis, n’en parlons pas! De grands écolos de toutes sortes de couleurs, des anarchistes fraîchement débarqués clandestinement de leurs « containers » : des espèces de sultans, fakirs, des tamouls, des gris-gris vaudous, des personnages tirés de « La guerre du feu » de Jean-Jacques Annaud tellement leurs longs cheveux ressemblaient à des cordes de marins et j’en passe!

Ça ne fait que cinq ans qu’elle vit en appartement. La dernière fois que je suis allé la voir, c’était il y a un an. Elle vit avec deux colocataires étrangers : des hindous ou pakistanais, je ne sais trop. Ça empestait le cari à plein nez quand je suis entré. Malgré tout, je me suis dit que ça n’était pas pire que l’odeur de peinture à l’huile et de térébenthine. Nous sommes allés manger dans un de ces petits restaurants du coin qui ne servent pas de porc au menu.

Des odeurs fortes, des serveurs étrangement trop tactiles qui ressentent le besoin incessant de vous toucher en même temps qu’ils vous balbutient dans un anglais misérable : « Est-ce que c’est à votre goût? » Un de ces endroits où on s’assoit au sol sur des coussins inconfortables, où on mange avec nos mains et où une danseuse exotique se trémousse le nombril presqu’au-dessus de votre assiette en jouant de la timbale entre pouce et index. C’est dans ce restaurant que j’ai eu la lourde tâche de lui annoncer la terrible nouvelle. Entre deux bouchées de saucisse merguez, les doigts pleins de semoule les voiles hyperactifs de la danseuse entre nos quatre yeux je lui ai dit : « Priscilla, j’ai eu les résultats de mes tests aujourd’hui, j’ai la maladie du Parkinson. » Étrangement, ma fille ne semblait pas vraiment s’en faire. Elle s’est mise à me dire que la recherche fait des progrès, que bientôt si l’expérience de cellules-souches sur des souris réussit, des essais seront faits sur les chimpanzés et des hommes, que mon état n’est pas si dramatique et que je ne dois surtout pas m’en faire.

Cellules souches, souris, chimpanzés, mais bon sang! Je ne suis pas un rat de laboratoire! Je suis son père pour l’amour de Dieu! Elle ne semble même pas avoir de sympathie pour mon état : n’ai-je été qu’un portefeuille plein à ses yeux durant toutes ces années? Est-ce l’ultime redevance que l’on reçoit à avoir donné la vie?

Ma fille me dépasse complètement…

Ma fille n’a aucune avenir, aucune ambition, aucune débrouillardise : ma fille n’ira malheureusement pas loin dans la vie! Je ne sais pas ce qu’elle arrivera à faire lorsque je ne serai plus de ce monde…

Je fais donc ce pèlerinage vers Saint-Pierre de Rome en passant par la route de Compostelle parce que je veux demander à Dieu de lui venir en aide.

Je sais, je pourrais tout simplement prier ici sur place, nous avons de très belles églises à Londres, mais il ne semble pas venir en aide aux prières d’un vieil écossais comme moi… À Londres, Dieu se réserve aux anglais et à la Royauté uniquement.

Si Dieu aime tant la politique alors j’irai au Vatican. Cette principauté neutre saura fort probablement me tenir à couvert de mes origines si infâmes à ses yeux… Là-bas, il n’a pas le choix : le Pape saura l’obliger à écouter la prière qu’il balaie depuis si longtemps du revers de sa main Divine.

Ce but n’a rien de quantifiable et mesurable en effet… Je me dois donc de le transformer si je veux bien suivre cet exercice.

Un but quantifiable : je pars cinq mois en pèlerinage pour aider ma fille à apprendre à se débrouiller sans moi.

Est-ce quantifiable? Oui, ça l’est.

Un but mesurable : En m’éloignant, elle ne pourra pas me demander d’arrondir ses fins de mois. Elle devra aller chercher par elle-même les 1000 Livres que je lui verse en une année, en surplus de son maigre salaire de 15 000 Livres par an. Selon moi, 16 000 Livres ce n’est quand même pas assez… Pour cette année, je veux que ma fille se trouve un second travail et qu’elle fasse par elle-même plus de 30 000 Livres de revenus.

C’est un but mesurable désormais…

Je sais que ce but ne s’applique pas à moi. Mais, au delà de ma santé défaillante, la mort imminente qui m’attend, tout ce qui m’importe c’est que mes enfants ne soient pas dans la misère et le besoin lorsque je quitterai définitivement cette terre. J’ai bâti tout ce que j’avais à bâtir, j’ai vécu une belle vie donc je ne regrette rien. J’ai enterré ma femme dignement, j’ai été un homme sans reproches et estimé de mes collègues. Dites-moi pourquoi je demanderais quelque chose pour moi-même?

On ne peut demander à Dieu encore plus, quand il nous a tout donné ce qu’il nous réservait.

Lorsque j’ai appris le diagnostic et la cause de mes tremblements : la raison pour laquelle ces bonnes vieilles mains ne semblaient parfois plus vouloir répondre à de simples commandes, bien entendu que j’ai eu un réflexe combattif. Le neurologue m’a affirmé que j’avais été « pris au bon moment », qu’il était possible de retarder la maladie grâce à des antidépresseurs pour débuter afin d’attendre le plus longtemps possible avant de prendre ces terribles médicaments qui vous figent à tout jamais dans un fauteuil roulant.

J’en ai pris pendant une année presque complète…

Pendant cette période d’essai, mes angoisses augmentaient considérablement, moi qui n’ai jamais fait de crises d’anxiété ou d’insomnies auparavant. Et, plus je confiais mes anxiétés à mon médecin, plus il m’a prescrit de grosses doses.

Il y a trois mois, il état si découragé de mon état qu’il a changé ma médication. Je suis finalement tombé sur le cocktail de pilules fatidique. Trois mois de dégradation rapide et continuelle : il n’en revient même pas lui-même! Bien entendu, j’ai encore droit à certains antidépresseurs car je suis considéré comme un homme en dépression nerveuse…

Mon médecin me dit que ma fille m’énerve. Qu’elle doit se tenir loin de moi. Or, aucun de mes enfants ne vient jamais me rendre visite. Je dois les appeler pour avoir de leurs nouvelles et seule ma fille m’appelle encore de temps en temps pour de l’argent.

L’argument de ce médecin ne fait décidément pas le poids!

Fatigué de mon mal aise général, épuisé par ces courtes nuits de sommeil, démoralisé par la quantité de médicaments qu’on me refile à chaque mois, j’ai donc décidé de prendre mon neurologue aux mots. Je m’en vais loin de tout le monde, du téléphone, de ma maison vide, de mon médecin qui ne cherche qu’à me droguer et de ma fille qui se fiche de tout ce qui n’a pas d’impact sur mon portefeuille et ma capacité à la dépanner financièrement.

Voilà, je pars…

Pourtant, je ne le réalise pas encore. On dirait que, bien que j’aie toute cette paperasse entre les mains, il y a quelque chose de fictif presque irréel dans cette démarche. Comme si je ne partais pas vraiment… Comme si j’allais me dégonfler à la dernière minute et que rien de ce que je me suis promis de faire ne se concrétisera.

Peut-être qu’avant de me débiner je devrais cesser d’écrire ma longue et banale vie dans ce cahier. De toute façon, personne ne lit à part moi et personne n’osera poser les yeux sur l’histoire d’un vieux vendeur d’assurances en porte-à-porte qui part en pèlerinage…

Et puis, il ne reste que quelques lignes disponibles à ce premier exercice littéraire. Si je continue ainsi, je devrai certainement empiéter sur la section suivante. Ça me laisserait moins de ligne aux exercices à venir…
 

_________________
Saint Jos Néron,
priez pour nous mais grafignez les autres!


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MessagePosté le: Mer 23 Juil - 14:10 (2008)    Sujet du message: Publicité

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